24 juin 2010

Cédric Paci

Certaines personnes naïves pensaient qu'il fallait aller en Sudafriquie pour voir des Français gagner. Erreur ! Pour voir un Français briller, il fallait se tourner vers l'Ukraine. Cédric Paci a remporté le tournoi fermé de Zhovkva et signé une norme de MI. Il était donc normal d'essayer d'obtenir une interview de lui. Je n'ai pas réussi à le faire, mais j'ai néanmoins obtenu une interview imaginaire de Cédric, en exclusivité exclusive mondiale que c'est que moi que je l'ai.

Salut Cédric, et félicitations !

 Merci Baron. Avant de commencer, je tiens à dire que j'aime beaucoup ce que tu fais.

Oui, oui, moi aussi, j'aime beaucoup ce que je fais. Peux-tu te présenter succinctement pour les hypothétiques lecteurs qui ne te connaîtraient pas ?

 Je m'appelle Cédric.

Moins succinctement, peut-être ?

 Je m'appelle Cédric Paci, j'ai 30 ans (snif...), je suis maître fide, 2352 Elo, je joue aux échecs depuis un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Tu viens de remporter brillamment le tournoi de Zhovkva en Ukraine, avec, en prime, une deuxième norme de MI. Alors, heureux ?

 Très très heureux, paraît-il.

Comment ça, « paraît-il » ?

 Je ne me souviens pas très bien de ce qu'il s'est passé pendant les heures qui ont succédé à la dernière partie, mais on m'a raconté que j'avais fêté ça bien comme il fallait.

Et avec le recul, comment perçois-tu ta performance ?

 Je n'utiliserais pas le terme de « performance ». Quand je vois les autres participants, je me dis que je ne pouvais pas ne pas gagner. Que des gamins ! En arrivant, j'ai d'abord cru que je m'étais fait avoir et que j'avais signé un contrat de moniteur de centre aéré. D'ailleurs, étant le doyen du tournoi, on m'a demandé si je pouvais m'assurer qu'ils prenaient bien leur goûter après avoir joué et qu'ils n'oubliaient pas leurs doudous en partant. Enfin bref, pour répondre à ta question, c'est simplement la victoire logique de l'expérience.

Il doit y avoir une forte pression dans ces tournois à norme. Tu penses qu'avoir davantage d'expérience permet de mieux la gérer ?

 Non, pas du tout, l'expérience n'a rien à voir avec tout ça. L'important, c'est de bien gérer le temps hors-parties. Les autres passaient leur temps à se préparer comme des oufs. Moi, je n'ai pas touché un échiquier en dehors des parties. J'avais des passe-temps beaucoup plus sains.

Quels étaient ces passe-temps ?

 Aleksandra, Irina, Anastassia, Svetlana, Anna, Olga, Ielena, Maria et Tatiana. Une par partie.

Bel exemple à suivre pour les plus jeunes... Mais tu n'étais pas accompagné ?

Effectivement, j'avais un accompagnement, mon compère Alain Genzling.

Un accompagnateur, tu veux dire...

Non, non, un accompagnement. Quand tu bois une bière, tu aimes bien manger des cacahuètes avec. Tu n'as pas besoin des cacahuètes, mais tu es content qu'elles soient là pour accompagner ta bière. Alain, c'est ma cacahuète.

Le tournoi s'est un peu moins bien passé pour lui, je crois...

Le pauvre... (rires) Il aurait presque été apitoyant s'il n'avait pas été pitoyable. Pourtant, il y croyait dur comme fer, au début. Mais dès que ça a commencé à partir en sucette, fallait le voir se décomposer encore plus après chaque partie. Bon, tu me connais, j'ai bien essayé de lui remonter le moral, mais rien à faire. Même la blague du nécrophile qui trouve une momie ne l'a pas fait rire.

Tu n'as pas pensé à partager tes « passe-temps » avec lui ? (rires)

Impossible, à cause de son antiviol.

Son quoi ?!?

Son antiviol. C'est sa copine qui lui a installé ça avant qu'il parte, juste pour être sûre. Super bien foutu, ce truc : ça ressemble à un bracelet électronique, et ça mesure le taux de testostérone. Dès que ça dépasse un certain taux, ça envoie une décharge électrique. Le seul problème, c'est que c'est pas encore parfaitement au point, donc c'est arrivé à plusieurs reprises qu'il ait eu des convulsions pendant ses parties. On a fait croire que c'était de l'épilepsie.

Euh, oui, bon, revenons plutôt à toi. Tu referas ce tournoi si tu en a l'occasion ?

Ah non, surtout pas ! À l'étranger, j'ai pour principe de ne jamais aller deux fois au même endroit. Le risque de tomber sur une fille dont on ne se souvient plus mais qui veut vous forcer à reconnaître son marmot est trop grand.

Et bien, sur ces bonnes paroles, il ne me reste plus qu'à te remercier de m'avoir accordé un peu de ton précieux temps.

De rien, Baron, tout le plaisir a été pour moi.

Posté par monsieurlebaron à 14:35 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


  1