04 avril 2011

Cappelle, Cappelle... morne plaine...

Le soleil, les jolies filles en bikini, les fiestas jusqu'à pas d'heure... C'est ce qui manque à Cappelle-la-Grande pour ressembler à Ibiza. A mi-chemin entre Dunkerque et Bergues, Cappelle est véritablement un lieu de villégiature incontournable si on joue aux échecs ou si on aime les briques rouges. Moi, je n'aime pas les briques rouges, je trouve ça trop... trop... trop rouge, quoi. Le seul intérêt de Cappelle, pour moi, réside donc dans le méga-open qui s'y déroule chaque année. Presque 600 joueurs, une soixantaine de nationalités, c'est pas un tournoi de fillettes, ça!

Il y a un quand même un autre truc bien à Cappelle : le climat. Quand tu as passé une semaine dans le Nord, tu es heureux de retrouver le climat lorrain. De Nancy à Cappelle, tu montes dans le Nord ; de Cappelle à Nancy, tu retournes dans le Sud. Je suis pas difficile, mais je ne pourrais pas passer plus d'une semaine avec la mer du Nord comme dernier terrain vague. Je râle sur le climat, mais attention, ne tombons pas dans la caricature. Il ne pleut pas tous les jours. Il y a même des journées ensoleillées. Si, si! Le soleil est même assez facile à trouver, il est là où les nuages sont plus clairs.

Ah oui, avant que j'oublie, en parlant de clichés : ne comptez pas sur moi pour lancer un débat pour savoir si, oui ou non, les Ch'tis sont chômeurs, consanguins et/ou pédophiles (rayez les mentions inutiles). D'abord, parce qu'on sait très bien qu'ils ne sont pas chômeurs : ils ont été rayés des listes, comme tout le monde. Ensuite, parce que je trouve le terme de "consanguins" discriminatoire à l'encontre des personnes qui rencontrent l'amour lors d'un repas de famille. Enfin, parce que je trouve le terme de "pédophiles" discriminatoire à l'encontre des personnes qui rencontrent l'amour lors d'un goûter d'anniversaire. Voilà, parenthèse fermée.

Maintenant que le remplissage est fait, passons au tournoi en lui-même. Je préviens : vous pouvez arrêter de lire ici, car la suite est un peu barbante, inutile, ne vous apprendra pas grand chose et ne vous rendra pas meilleurs, alors venez pas vous plaindre après, sous prétexte que vous avez perdu 10 secondes de votre vie en lisant ce qui suit. J'aurai prévenu. Alors, d'abord j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai perdu (snif...). Puis j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai perdu (snif...). Puis j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai perdu (snif...). Puis j'ai re-perdu (re-snif...). Puis j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai fait nulle (bof...). Voilà. J'avais prévenu.

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07 décembre 2010

Very good trip (à la mode de Caen) : partie 2

Enfin! Après une interminable attente d'un jour (lunaire) qui aura permis de faire monter le suspense à un niveau paroxystique et faire descendre la fréquentation de ce blog à une profondeur abyssale, voici, enfin, la suite de Caen.

Dimanche matin, l'empereur, sa femme et le p'tit prince sont venus chez moi pour me serrer la pince, et les esprits un tant soit peu perspicaces se douteront que cette chanson enfantine n'a strictement rien à voir avec ce qui s'est réellement passé dimanche matin, mais ça fait des lignes et ça détend l'atmosphère après une interminable attente d'un jour (lunaire) qui aura su faire monter le suspense à un niveau paroxystique et faire descendre la fréquentation de ce blog à une profondeur abyssale.

Dimanche matin, pour en revenir aux faits, je me suis fait agressé. A 8h00. Par mon réveil. Étant en état de légitime défense, je me suis légitimement défendu. Il regrette encore d'avoir sonné. Le temps de se lever, il est 8h15. Le temps de se réveiller sous la douche, il est 8h50. Le temps de se caféiner, c'est l'heure de commencer à jouer. Contrairement à ce que j'ai pu laisser entendre précédemment, j'étais en forme. Tellement en forme que, juste après avoir gagné une pièce contre 2 pions, je rétablissais de mon plein gré l'équilibre matériel pour pouvoir faire durer la partie deux heures de plus. Que voulez-vous, l'amour du jeu est trop fort...

Entre quatre et huit bières plus tard (sachant qu'une bière vaut entre 15 et 30 minutes), on peut enfin jouer la pénultième partie. En face de moi s'assoit une jolie jeune fille, de celles, sorties de l'enfance mais pas encore femmes, dont on se dit : "Ah, là, là! Seigneur! Donne-moi la force de ne pas succomber à la tentation et délivre-moi du Mal qui m'habite car j'aimerais bien garder mon casier judiciaire vierge". C'est là qu'on voit que l'âge est somme toute quelque chose de très relatif : trop jeune pour moi, trop vieille pour un prêtre, le bon âge pour Larry Clark. La partie ne durera pas plus de trois bières (moins d'1h30, donc), puisqu'après m'avoir blitzé quinze coups théoriques dans les dents (je me retrouve dans une position aisément qualifiable de "bof, pas terrible"), elle choisit opportunément de me donner une pièce, alors que je ne ressemble en rien à un violoniste roumain dans le métro.

Lundi. En me levant, je jette un dernier regard ému sur la vue imprenable que m'offraient les fenêtres de ma chambre, et qui, à chaque fois, me faisait monter les larmes aux yeux.

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Passée cette séquence émotion, dernier petit-déjeuner au cours duquel je partageais les croissants et le café avec mes disciples, avant d'entamer mon chemin de croix. Un massage long et douloureux par le joli maître fide... euh, non, pardon, par le maître fide Jolly. Remarquez, quand je dis "chemin de croix", l'expression n'est peut-être pas adaptée. Je m'explique : lors de l'ascension du Golgotha, il y avait des âmes suffisamment charitables pour donner à boire à un maigrichon en slip. Alors que moi, tout bien habillé, je devais me rendre moi-même jusqu'à la buvette. Alors, qui c'est le vrai martyr? Mais bon, je n'en ai pas tenu rigueur et j'ai déjà pardonné car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient.

Au final, malgré un résultat moyen (4 points sur 7), j'ai passé un excellent séjour, et je recommande vivement ce tournoi pour sa très bonne ambiance, et si Dieu et mon banquier le permettent, je ferai mon possible pour y retourner à l'occasion des Championnats de France en août prochain. Sûr ce, je vous donne rendez-vous au 19 décembre pour un suivi complet de l'Open de Vandoeuvre.

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05 novembre 2010

Very good trip (à la mode de Caen) : partie 1

En août 2011, les Championnats de France auront lieu à Caen. Ne connaissant pas cette contrée lointaine, je me suis dit : "Tiens, et si j'allais en repérage pendant le week-end de la Toussaint ?". Voilà. C'est pas une mauvaise idée, je trouve. Comme ça, la prochaine fois que j'irai là-bas, je saurai où je mets les pieds. Et l'avantage de savoir où on met les pieds, c'est qu'on évite de marcher dedans.

Le voyage aller se passe bien. Départ de Nancy le vendredi à 6h10, arrivée sur les lieux vers 12h30. La salle de jeu est plutôt agréable, très aérée. Au fond à gauche, la table d'arbitrage. Il va falloir établir le contact avec les autochtones. Mais comment ? J'ai d'abord hésité entre "je viens en ami" et "ça me fait plaisir de débarquer en Normandie", avant de finalement opter pour les formules d'usage. Premier contact réussi, j'ai même réussi à refourguer ma pub pour l'open de Vandoeuvre. Je vais déposer mes affaires dans ma chambre. Au je-sais-pas-combientième étage. Sans ascenseur. Mieux vaut ne rien oublier avant de redescendre. C'est bon, je suis en nage et installé, place aux choses sérieuses.

Il reste juste un ultime petit détail à régler : repérer la buvette. Elle est tenue par des Caennaises qui servent des canettes à des Caennais. Ça a l'air un peu compliqué, mais j'ai trouvé un moyen mnémotechnique pour éviter de faire la confusion caennais/caennaise/canette (ça peut être mal vu de boire une Caennaise en parlant à une canette). Il faut les situer par rapport à la table-comptoir : la Caennaise est DERRIÈRE, la canette est DESSUS, le Caennais est en général DEVANT (même s'il arrive qu'il soit occasionnellement DERRIÈRE, et assez fréquemment DESSOUS). Un p'tit café, et c'est parti mon kiki.

Je vendange la première partie en donnant une tour dans une position supérieure (d'ailleurs, je m'en mord encore les coudes, pour rester poli), j'ai droit dès le lendemain matin à une ronde de repos. En effet, mon adversaire ne se présente pas à la partie. Bon... ok... faut faire passer le temps jusqu'à midi. Le prétexte idéal pour contribuer au bon fonctionnement de la buvette.

Troisième ronde : j'ai souffert. Rapidement un pion de moins, des pièces passives, mais miracle, mon adversaire me laisse une chance et on se retrouve dans une finale de cavalier où j'ai toujours un pion de moins mais des pièces actives, mais contre-miracle, j'offre mon cavalier. Retour à la case buvette, puis arrive le samedi soir. Comme je sais que mes parents lisent occasionnellement ce blog (salut papa ! salut maman !), je n'entrerai pas dans les détails de ce qui s'est passé ce soir-là. Je dirai juste que les Caennais savent faire la fête et que je me suis bien amusé.

(à suivre...)

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16 août 2010

Championnats de France 2010 : le point à mi-tournoi

Aujourd'hui, c'est la très attendue (par tous) et méritée (pour certains) journée de repos. C'est l'occasion de se tenir un peu éloigné de l'échiquier et de vaquer à d'autres occupations, ce qui, pour ceux non-équipés de parapluie, bottes, imperméable et de beaucoup de courage, comme moi, consiste à glander dans sa chambre. Quelle tristesse d'être enfermé ainsi, moi qui voulait en profiter pour m'oxygéner un peu... Pas aujourd'hui que j'irai voir le 'rominet de Belfort...

Y en a quand même pas mal, des bestioles célèbres : le rhinocéros de Dürer, le chien des Baskerville, le chat dans la gorge, le rat de l'opéra, le renard des surfaces, le kinder Pingui, la tortue ninja, le rossignol milanais, la mouche du coche, le canard WC, le pou du pubis, la moule de Bouchot. Mais j'avoue avoir du mal à comprendre l'intérêt pour le lion belfortain. Moi, quand j'étais petit, j'ai fait un tas d'animaux en pâte à modeler, en pâte à sel, et même en Lego (et c'était pas de la tarte...), mais tout le monde s'en fout... En plus, un lion à Belfort, c'est aussi absurde qu'un koala à Helsinki ou qu'un gorfou à Addis-Abeba. Mais vu que ça a l'air de ne choquer personne, je vais parler échecs.

Six rondes ont été jouées jusqu'à présent dans les opens. Je fais pour l'instant un tournoi solide. Après la ronde 3, on aurait presque pu qualifier mon parcours de dorfmanien (pour info, Iossif est toujours en course pour atteindre son objectif de 11 nulles rapides dans le National A) : draw-draw-draw. C'est alors que le drame est arrivé : j'ai gagné les deux parties suivantes... Et relativement facilement, qui plus est ! Incompréhension totale... J'ai alors envisagé à aller consulter un médecin si les symptômes devaient persister. Heureusement, je suis revenu sur le draw-chemin à la sixième ronde. Me voilà rassuré ! Avec 4 points sur 6, je pointe pour l'instant à la 13ème place de l'open A, donc toujours en course pour finir en bonne position, et j'ai repris une bonne partie des 30 points z'elo que j'ai lamentablement lâché en tournoi début juillet. Je vous laisse, j'entends arriver la pizza que j'ai commandé...

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11 août 2010

Championnats de France 2010

La grande foire messe des échecs français a commencé ! Les joueurs des nationaux A et B croisent le fer depuis lundi, les féminines et les opens depuis hier. Et les pronostics vont déjà bon train : qui de Bacrot, Fressinet ou Tkachiev l'emportera ?  Est-ce qu'enfin une joueuse autre que Skripchenko et Milliet gagnera le Féminin ? Dorfman fera-t-il onze nulles rapides ? Qui se qualifiera pour les Nationaux A et B de l'année prochaine ? Qui aura son éphémère heure de gloire et sa photo dans la revue fédérale en remportant un des Opens ? Voilà, je crois que je n'ai oublié personne... l'Accession féminine ? Bah non, j'en parle pas... Ça intéresse vraiment quelqu'un ?

Avant de poursuivre, j'aimerais pousser un coup de gueule, et tant pis si le pavé que je vais jeter dans la mare éclaboussera certaines personnes, on ne m'empêchera pas de parler ! Je ne suis pas, mais alors pas content du tout ! Chaque participant, au moment du pointage, reçoit une sacoche contenant tout un tas de papelards plus ou moins utiles et un stylo. Et bien figurez-vous que j'ai reçu un stylo cassé ! Enfin, pas vraiment cassé, il écrit, mais il manque le petit bitonio au bout du stylo, vous savez, le petit machin sur lequel il faut appuyer pour faire sortir la pointe du stylo, et même que ça fait clic quand on appuie dessus - et d'ailleurs y a des gens qui en abusent et du coup ça fait clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic, et c'est super énervant - et du coup pour faire sortir la pointe je suis obligé d'utiliser mes clefs parce que j'ai les doigts un peu trop gros, ou alors avec la pointe d'un autre stylo, mais là faut avouer que c'est franchement pas malin.

Retour aux échecs. Je ne parlerai pas des Nationaux, J.-B. Mullon fait ça très bien dans ses chroniques qu'on peut lire sur le site fédéral. Je les recommande d'ailleurs à tous les amoureux de la langue française, l'art avec lequel J.-B. manie la concordance des temps est tout simplement... brrrrrr... ça donne des frissons tellement c'est beau ! En revanche, je parlerai pas mal de moi. Je joue dans l'Open A, et j'étais appareillé hier contre le plus fort Elo... une minute... Je suis 2028 Elo, l'open est censé être pour les plus de 2000... Je vois un nombre très élevé de joueurs moins de 2000... Y en a pas qu'auraient eu la main un peu lourde sur les dérogations, par hasard ? Enfin bref, j'ai les blancs, un gambit-Dame Accepté avec 3.e4. Un vrai gambit d'ailleurs, je ne reverrai pas mon pion jusqu'à la fin de la partie, c'est-à-dire au 20ème coup par triple-répétition.

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16 avril 2010

Open de Metz : rondes 8 et 9

Ronde 8 :

Ou plutôt ronde "ouitt", comme dirait Fiona avec son charmant accent luxembourgeois qui rabaisserait presque le chant d'un rossignol au même niveau que le vacarme produit dans un garage poussiéreux par les guitares désaccordées de quelques ados dont les rêves de gloire sont aussi démesurés que le nombre de boutons qui leur pixelisent le visage. Oui, ça m'arrive de dire des choses gentilles à ceux qui en ont besoin. Faut dire qu'après sa ouittième partie, elle avait pas la patate, la Fio. Faut la comprendre, elle était invaincue après 5 rondes, et là elle vient de se prendre trois bulles qui font baisser sa perf de 2522 à seulement 2345, et qui ne lui permettent plus que d'essayer de faire une norme de MI féminin à la dernière ronde. Normal d'être un peu démoralisée, c'est quand quelque chose de terrible (par rapport à un séisme en Chine ou un crash de Polonais, bien sûr).

En revanche, ma partie du jour ne l'était franchement pas. Les blancs contre un "Belge" à 2118. Je mets des guillemets, parce qu'il n'avait pas l'accent et qu'il ne mettait pas "une fois" à la fin de chaque phrase. Encore une est-indienne, encore une attaque Baïo-pas-nette, encore un sacrifice de pion pour des compensations pas claires, cette fois après avoir raté un avantage clair et simple. Finalement, j'arrive à transposer dans une finale Tour + Fou de couleurs opposés avec des bonnes chances puisque j'ai l'initiative. Je suis même totalement gagnant après avoir réussi à paralyser les pièces noires grâce un réseau de mat. Mais je redonne en 1 coup le pion que j'avais regagné. Je dois échanger les tours, et c'est nulle.

Ronde 9 :

Sniff, c'est déjà la fin... La journée commence mal. Arrivée à la gare de Nancy : grève SNCF et zéro train pour Metz. Vite, j'appelle Brunico. Première tentative. Répondeur. Deuxième tentative. Répondeur. La troisième tentative est la bonne. Tout va bien, je fais le trajet entassé à l'arrière du pot de yaourt de Christophe. J'hérite du pire appariement possible : Maxime Lagarde (2412), troisième des derniers championnats du monde moins de 16 ans, mais (un petit "mais" fait parfois du bien) totalement hors de forme dans ce tournoi, et avec les noirs. Dans la ligne avec 9.Cd5 de la Sveshnikov, il me joue le très positionnel 11.c4. Ensuite... bon en fait c'est un peu long et un peu compliqué, le plus simple, c'est que j'analyse tranquillement la partie et que je la mette sur ce site d'ici quelques jours. Hum ? Le résultat ? D'ici quelques jours, j'ai dit !

Bilan :

Globalement, un bon tournoi pour moi. 3,5/9 contre une moyenne à 2160, 47e au classement en partant 54e Elo,  une quinzaine de points zélos gagnés, perf à 2100. Il va falloir penser à travailler un peu les ouvertures avec les blancs histoire d'éviter d'avoir à jouer des positions plus ou moins pourries, et ce ne serait pas mal d'arrêter de gâcher des positions prometteuses (voire gagnantes) en seulement 1 ou 2 coups. Glenkwensch à Fiôôôna pour son tellement beau parcours, sa norme de MIf et pour nous avoir tellement fait rêver, et mention spéciale pour Simon (1477 Elo, perf à 1783). Je tiens à remercier mes parents sans qui je n'aurais pas pu faire ce tournoi, puisque si j'aurais pas né, j'aurais pas pu jouer. Enfin, un petit message personnel : merci mémé pour les sous de Pâques, je passe prendre le café demain, promis.

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14 avril 2010

Open de Metz : Baronus fatigus est

Vous ne pouvez pas comprendre, c'est du latin. En français, ça donne grosso modo : "La vache, j''suis carbonisé, flingué, complètement nase, vivement que ça se termine". Je sais que je me complique la vie en utilisant une langue qui est autant utilisée quotidiennement que le préservatif dans un monastère, et qu'il est tellement plus simple et courant, lorsqu'on veut utiliser une langue étrangère, d'avoir recours à l'anglais. L'anglais, toujours l'anglais... Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve que voir des mots anglais venir souiller notre belle langue française, c'est super trash et carrément destroy.

La septième ronde de ce tournoi en 9 rondes avait lieu aujourd'hui, ce qui signifie que sept neuvièmes du tournoi sont passés (environ, on va pas chipoter). Normal d'être aussi frais qu'un gigot qui a passé toute la journée sur un étal du marché du Caire en plein mois d'août. C'est fatigant un tournoi, surtout quand une personne de type chromosomique XX vous réveille délicatement aux aurores en faisant ronronner son sèche-cheveux alors que vous vous réjouissiez de pouvoir dormir un peu pour récupérer de la double-ronde de la veille. Femella diabolica est.

Je l'ai échappé belle aujourd'hui. Je retrouvai enfin les blancs, contre le clichois Christophe Keller (2200). J'évite d'entrer dans la Nimzo, que mon adversaire joue, d'après ma base, depuis au moins trois lustres, et opte pour le système Petrosian de l'Ouest-Indienne (4.a3), afin de réussir à me retrouver hors-théorie dès le huitième coup. Deux mauvais coups plus tard, les noirs sont déjà mieux et j'ai une magnifique poubelle. Je tiens tant bien que mal sur trois rangées, et mon adversaire commet une ou deux imprécisions qui rendent la partie équilibrée. S'ensuit une longue série de manœuvres où personne ne réussit réellement à prendre l'avantage, on passe le quarantième comme on peut en répétant les coups, et on signe la paix deux coups plus tard dans une position complexe où les chances sont probablement égales mais qui mérite une analyse approfondie. Demain, je double les blancs, et cette fois faudrait voir à pas faire n'importe quoi dans l'ouverture.

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12 avril 2010

Open de Metz : "il pleure dans mon coeur...

...comme il pleut sur la ville". Ce n'est pas mon cas. Pourquoi citer ces vers de Verlaine, alors ? Parce qu'il faut bien commencer par quelque chose, parce que ça me permet d'étaler ma culture, parce que j'ai la flemme de chercher une phrase d'introduction, parce que ça me permet de faire du remplissage, et parce que ça me permet de faire la transition vers le résumé de la météo du jour. Aujourd'hui, il pleuvait à Metz et il ne faisait franchement pas chaud.

Pourquoi ce point météo ? Pour pouvoir refaire une transition vers la thèse suivante : le niveau d'un joueur d'échecs n'est pas influencé par le climat. En effet, dans la mesure où le noble jeu (pourquoi "noble" au fait ? z'avez déjà bien regardé la dégaine de certains joueurs ?) se pratique presque exclusivement en intérieur, on se fout autant du temps qu'il fait pendant la partie que de la dernière tentative de suicide de Loana. Pourquoi cette thèse ? Là, j'en ai aucune idée... Peut-être vaut-il mieux que je parle directement et sans énième transition de la ronde 4 avant que ce post ne parte totalement en vrille...

J'ai les blancs contre le breton Frédéric Caroff (2138). Enfin, breton, breton... S'il est vraiment breton, pourquoi il n'a pas de chapeau rond ? Imposteur démasqué. J'avais deux possibilités d'ouverture. Ou plutôt trois, si on compte la charmante demoiselle qui m'a demandé du feu sur le chemin (gentleman, je lui en ai offert pour lui permettre d'augmenter ses chances d'avoir un cancer d'ici quelques années). Deux choix donc : entrer dans un gambit de Budapest, ou l'empêcher par Cf3 et aller faire un tour du côté de l'est-indienne. Allez, va pour l'est-indienne et une attaque Baïo-pas-nette. C'est comme l'attaque Baïonnette, mais pas bien jouée. Je m'emmêle un peu les pinceaux et choisit de sacrifier un pion pour essayer d'obtenir des compensations. J'en obtiens, mais, obsédé par la recherche de l'activité de mes pièces, je ne vois pas que je peux récupérer mon pion. A partir de là, je pars en sucette, mon adversaire digère le pion de plus, le reste n'est que souffrance.

Grâce à cette défaite, je suis enfin apparié fort demain matin (beurk, encore une double-ronde), contre la lanterne rouge espagnole Vianney Bruned (1886). Encore un imposteur : tout le monde sait que ça n'existe pas, un patronyme pareil ! Mais je suis futé, on ne me piège pas aussi facilement ! A bon entendeur...

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11 avril 2010

Open de Metz : double-ronde, pas double-bulle

Coller une double-ronde le dimanche... Non mais quelle idée !!! Aucun respect pour le jour du seigneur... Ah non zut, je ne suis pas croyant... Trouver autre chose... Aucun respect pour la sacro-sainte grasse mat' du dimanche matin ! En passant, j'ai également une pensée pleine de compassion pour les aficionados d'Auto-Moto. Les joueurs d'échecs, même amateurs, n'ont vraiment pas une vie facile. J'aurais d'ailleurs bien aimé l'expliquer à la dame du café de la gare qui m'a regardé bizarrement quand je lui ai demandé du Red Bull pour accompagner mes croissants, mais ni l'endroit, ni l'heure, n'étaient propices à un exposé en trois parties, avec introduction et conclusion rédigées et plan détaillé, sur ce sujet.

Ronde du matin, chagrin. J'ai les blancs contre la m.i.f Victoriya Schweitzer, grande adepte des sous-variantes qui permettent à l'adversaire de prendre l'avantage en jouant des coups normaux. Cette partie ne fait pas exception, je suis un peu mieux après seulement 10 coups. Je réussis à obtenir une attaque sur le roque noir, mais commets une ou deux petites imprécisions qui, pensai-je alors, m'obligeraient peut-être à me contenter d'un échec perpétuel, d'autant plus que je commence à manquer de temps. Mais mon adversaire préfère essayer de faire durer et choisit une ligne que je sentais gagnante pour moi durant la partie, que je pensais toujours gagnante après la partie, et qui s'est avérée effectivement gagnante après contrôle par module d'analyse. Mais j'ai préféré gaffé et autoriser une attaque-double en 1 coup... C'est vraiment trop injuste ! J'enrage, j'en-désespoir, j'en-vieillesse ennemie !

Le temps de calmer mes nerfs au Flunch (pas le moindre espace vacant sur mon plateau), que la dernière partie se termine une demi-heure avant l'ajournement, de consulter l'appariement de la ronde 3, de voir qu'une prépa serait superflue, c'est parti pour la ronde 3. Je joue avec les noirs contre le sympathique Arnaud Colson (2135 Elo), probablement un des meilleurs imitateurs du GM Jacob Murey. La partie, en revanche, fut loin d'être sympathique. Presque ennuyeuse. Une Trompovsky (rien à voir avec l'infidélité aux sports d'hiver) qui se transforme en Attaque Torre, c'est pas forcément le mieux pour le spectacle. Pour bien montrer qu'il y a eu autant d'action que dans un film de Jean-Luc Godard : nulle en un peu plus de 40 coups avec encore tous les pions sur l'échiquier et les pièces lourdes bien coincées derrière. Allez, on va pas faire la fine bouche, ça reste quand même un bon résultat et mon compteur-points est enfin débloqué.
Une seule ronde demain, j'ai les blancs contre un joueur classé un peu plus de 2100, et le but va être de débloquer (enfin) mon compteur-victoires. Yes, I can !

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10 avril 2010

Open de Metz : let's get ready to rumble !

Je suis le premier vandopérien à arriver sur les lieux du tournoi, c'est-à-dire au "Complexe St-Symphorien". Ça en jette un nom pareil, non ? Bon, en fait, on joue dans un gymnase sur des tables de type "fête de la bière", avec quand même une amélioration notable par rapport aux autres années : il y a des nappes "Banque populaire". C'est tout de suite moins classe, mais on fait avec. Le reste de la délégation vandopérienne prévue arrive au fur et à mesure : Friso Nijboer, Christophe Philippe, Quentin Vigneron, Simon Géhin, Nicolas Brunner, Christian Bauer, et pour apporter un peu de féminité à tout ça, notre rayon de soleil franco-luxembourgeois Fiona Steil-Antoni (prononcer "Fiôôôna"). Une minute... Fiona ??? Mais... elle était pas prévue, elle ! Fiona, warum bist du hier ??? Voici la version courte : "Je pensais pas jouer, mais la semaine dernière, j'ai fait le championnat du Luxembourg mais j'ai perdu plein de points Elo alors finalement je suis venue jouer pour en regagner, mais je sais pas si je ferai le tournoi en entier, parce qu'en fait j'ai cours lundi et mardi, donc je jouerai pas la ronde de mercredi, mais si après trois rondes je fais un mauvais tournoi j'arrête, mais je fais le tournoi en entier si tout va bien après cinq rondes". Si quelqu'un peut m'expliquer, parce que j'ai toujours pas compris...

Place au beau jeu. Comme ce n'est pas rigolo d'aller faire un tournoi "à l'extérieur" pour ne pas jouer contre quelqu'un de son club, je joue contre Christophe avec les noirs. Vous saviez qu'un MI ça peut être lâche ? Christophe a pris bien soin d'éviter une discussion théorique sur la Sveshnikov. Résultat : je me retrouve rapidement avec ce qui ressemble vaguement à une poubelle. J'essaie quand même de trouver du contre-jeu en jouant un plan douteux et pas très naturel. Après une petite gaffe de ma part dans une position loin d'être désespérée, Christian Bauer ayant démontré lors de l'analyse post-mortem que j'avais facilement au moins la nulle en jouant une vingtaine de coups précis, j'ai décidé d'être magnanime et de laisser le point à Christophe pour qu'il ait l'impression d'être le plus fort.

Demain, c'est la première double-ronde. Fait ch..., faut se lever tôt un dimanche... Je joue avec les blancs contre une joueuse classée 2235 et avec laquelle j'avais fait nulle lors du même open en 2006. Va falloir essayer de faire mieux cette fois...

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