En attendant le bus
Vendredi dernier, j'attendais le bus. Je venais de sortir de la dernière séance d'un stage d'échecs que j'avais animé toute la semaine à raison de deux heures et une douzaine de gamins par jour. Je jouissais donc pleinement de ma libération et de ce moment de paix retrouvée. C'est alors que, pour une raison que j'ignore encore aujourd'hui, une corpulente matrone post-ménopausée que je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam, eut l'idée de venir s'asseoir sur le même banc que moi, et, moins de deux minutes plus tard, d'engager la conversation.
"Vous attendez le bus 138?". J'acquiesçai. "Moi aussi, j'ai raté le précédent, il est parti juste avant que j'arrive, alors en plus, comme c'est les vacances, y a moins de bus et faut attendre plus longtemps, ils pourraient en mettre plus quand même". J'accordai à l'inopportune intruse un "Bah oui", regardai ma montre - 7 minutes avant l'arrivée du bus - et scrutai de nouveau le bout de la rue, histoire de me faire oublier un peu. Las! La mégère avait décidé de m'entraîner dans un monologue empli de vacuité auquel je ne pouvais échapper.
"Vous avez regardé le mariage du prince William? J'trouve que vous lui ressemblez un peu, on vous l'a jamais dit? Non? Ah, il est beau garçon, en tout cas. Moi j'ai regardé jusqu'au début de l'après-midi, ah là là ça fait du bien de voir ça quand on voit tout ce qui se passe dans le monde. Il est toujours pas là le bus? Z'avez vu l'explosion au Maroc? Moi j'voudrais pas aller dans un pays comme ça, avant j'aurais bien aimé, c'est des pays qui sont bien pour le soleil, mais maintenant c'est trop dangereux." Encore trois minutes avant ce pu...n de bus.
"Holàlà, et z'avez vu l'histoire à Nantes, là? L'ont toujours pas retrouvé, le père, et à mon avis c'est pas sûr qu'ils le retrouvent. Mais qu'est-ce qu'il fabrique, ce bus? Enfin bon, vaut mieux que ça se passe ailleurs qu'ici, c'est triste mais au moins nous on a pas à se plaindre. En plus on a le beau temps, c'est quand même mieux d'avoir le beau temps que quand il pleut."
Elle n'eut pas le temps d'aller plus loin dans ses considérations météorologiques, car le bus salvateur arrivait enfin. Je préviens : la prochaine fois que quelqu'un me matraque les esgourdes de la sorte, il prendra le bus... DANS LA GUEULE!!!
Roque-stars
En allant faire un tour sur le site fédéral, je suis tombé sur le dernier numéro d'Échec et mat. A défaut de moderniser le site dont le design n'a pas évolué depuis pas mal d'années (c'est toujours un bonheur de se taper les menus déroulants pour aller voir les résultats des matchs interclubs), la fédé a créé une version interactive de sa revue.
Après quelques clics (c'est comme ça qu'on tourne les pages maintenant), mon œil affuté est attiré par un article en page 16 : Les échecs très tendance sur Télérama.fr. Enfin, pas vraiment un article, plutôt un entrefilet. Non, pas un entrefilet, plutôt un... un... un... Je sais pas trop ce que c'est, en fait. Ce je-sais-pas-quoi fait référence à un article (là, je suis sûr) de Télérama sur le dépoussiérage des échecs. Avec, comme exemples, Magnus Carlsen, porte-manteau pour une marque de fringues, et Tkachiev, médiatisé pour son penchant pour la bouteille. J'avoue avoir mis un moment à comprendre qu'il fallait cliquer sur la photo de Tkachiev pour accéder à cet article.
L'auteur de l'article est visiblement doté d'un très grand sens de l'humour. On a droit à un premier jeu de mots dans le titre : Les échecs se rêvent glam roque (bien essayé, mais ça reste très loin du niveau de mon titre). Dans le chapeau, deuxième blague : Carlsen est qualifié de "beau gosse". J'avoue que les garçons, c'est pas vraiment mon truc (il n'est jamais trop tard pour révéler son hétérosexualité), mais le terme employé me paraît excessif, voire inapproprié.
Et la blague continue dans le corps du texte : "Magnus, qui ressemble comme deux gouttes d'eau de Cologne à Matt Damon". Mouais, c'est pas franchement évident, mais admettons. Mais le bouchon est poussé un peu loin quand, plus bas, Vladislav Tkachiev a "la gueule de Léonardo Di Caprio". J'ai eu beau comparer des photos du joueur et de l'acteur, non, je vois pas. Et c'est là que j'ai compris pourquoi l'auteur parlait d'eau de Cologne : visiblement, il en boit pendant qu'il écrit (ou inversement).
En parlant de boire, on a bien sûr droit au récit des exploits éthyliques de Vlad en Inde, ce qui permet à l'auteur de faire un autre jeu de mot tordant ("Echec et malt") et de nous asséner cette sentence hallucinante : "Enfin un peu de glam-rock au pays des lunettes en cul de bouteille ! ". C'est vrai, une épave qui s'endort sur un échiquier, c'est aussi glam-rock que Amy Winehouse en cure de désintox ou Gainsbourg à la fin de sa vie. Quel dommage ! mais quel dommage que l'on se soit rendu compte si tard que ,pour rendre les échecs grand public, il suffit d'exhiber deux champions, le premier sur un podium de mode, le second sur l'autel de l'autodestruction.
Silvio tout-puissant
J'adooore Silvio Danailov ! Ce mec est un dieu ! Dès qu'il dit ou fait quelque chose, ça fait immédiatement le tour de la planète échecs. On se souvient tous du match de réunification du titre de champion du monde entre Kramnik et Topalov en 2006, et de l'atmosphère conviviale de type "Festen" qu'il avait su instaurer rien qu'en faisant un petit crochet par les toilettes. Et quatre ans plus tard, le temps de mettre en place le circuit de tournois "Grand Slam" et les controversées "Sofia Rules", Danailov réussit le tour de force d'obtenir l'organisation du match pour la couronne suprême entre Anand et Topalov, tout en étant manager du second.
L'année dernière, il avait déjà réussi à faire jouer le match des candidats entre Kamsky et son poulain à domicile. A l'époque, la team Kamsky avait rué dans les brancards et demandé à jouer en terrain neutre, avant de devoir s'incliner devant la longueur du bras de Don Silvio Corleone Danailov et de ses amis hauts placés dans l'organigramme de la FIDE.
Silvio est depuis peu candidat à la présidence de l'ECU (European Chess Union), avec pour slogan de campagne : "I know..." (sic). Ouaip, en l'écoutant parler dans une interview réalisée par Europe-Echecs (en anglais non sous-titré) on comprend que l'individu a les dents longues et sait mieux que tout le monde ce qui est bien pour les échecs et ce qui ne l'est pas. Les "Sofia Rules" ? Bieeeen ! Les "vieux joueurs" conservateurs qui ne savent et n'aiment faire que des nulles rapides (re-sic) ? Pas bieeeen !
Je sais qu'il ne faut pas juger les gens sur leur apparence, mais Silvio a une tête qui ne me revient pas. Quand il annonce, heureux comme un gosse, que Anand devra se plier aux "Sofia Rules" même s'il n'est pas d'accord, il me fout les jetons. Il a le physique d'un méchant de James Bond, il a la même dentition que le requin des "Dents de la mer", et il y a dans ses yeux une petite lueur qu'on ne retrouve guère que chez Hannibal Lecter et qui vous fait vous demander si, dans son enfance, Silvio n'aimait pas tuer de petits animaux juste pour rigoler.
Top16 : appelez le 110 ?
Nous sommes en l'an 5 pendant J-C Moingt. Partout en France, Sidaction oblige, le mot d'ordre était solidarité le week-end dernier. Partout ? Non. Un petit groupe de dirigeants fédéraux résiste encore et toujours à l'appel du bon sens. Alors que le phase-terminalien Top16 démarrait son baroud d'honneur, les pontes fédéraux ont eu la bonne idée d'organiser l'AG de la fédé en même temps, avec AG extraordinaire en supplément. Les mauvaises langues diront que ce court-circuitage est normal, car après tout, va-t-on au chevet de celui qu'on a abattu ? Les autres diront : "Ça m'étonne pas, c'est la fédé, je ne cherche plus à comprendre".
A propos de l'AG, j'ai vu vite-fait-en-passant sur le blog du Canal St-Martin que J-C Moingt himself a proposé de retirer la proposition visant à augmenter le tarif des licences. Proposition de retrait de proposition adoptée à la (large) majorité. Hier, je suis tombé par hasard sur un numéro d'Echec et Mat datant de 1998 et indiquant les tarifs d'affiliation d'alors. Petite comparaison des chiffres : le coût de la licence a plus que doublé entre 1998 et aujourd'hui (120 francs à l'époque, entre 39 et 47€ actuellement). Erratum : j'ai fait preuve d'un manque de rigueur dans la lecture de certaines données. En effet, le premier chiffre donné (de mémoire) n'est pas 120F, mais 110F auxquels sont ajoutés 30F pour la revue fédarale. De plus, j'ai comparé ce chiffre, qui ne concerne que la part fédérale, avec le prix intégral de la licence (part fédérale + part de la ligue). Mea culpa, mea maxima culpa.
Le Top16, c'est seize quinze équipes (forfait de Bischwiller) en lice pour jouer le titre, le podium ou le maintien. Et cette année, la course au maintien ne ressemble pas vraiment à une balade de santé : six équipes seront reléguées à la fin de la saison. Ça va être duraille pour les clubs qui débarquent de N1 et pour ceux qui se maintenaient de justesse les autres années. Ce dégraissage part de la de la volonté de "professionnaliser" l'élite des interclubs français et d'imiter les modèles espagnol et russe. Il est également d'actualité de supprimer le système de poules et d'organiser le futur Top12 en une seule phase toutes-rondes.
Cela ne devrait pas poser aux grosses cylindrées dotées de finances qui leur permettent, s'il le faut, de faire déplacer et jouer pendant 11 jours huit "renforts" (professionnalisation ou mercenarisation ?), mais l'avenir des clubs (sur)vivant grâce aux subventions et aux adhésions des mazettes, et dont les joueurs ne sont pas tous "pro", semble moins rose. Mais l'heure étant aux suppositions, impossible de dire si cette évolution est une mauvaise chose (ça m'étonnerait un peu) ou une bonne chose (ça m'étonnerait beaucoup). Comme on dit outre-Manche, wait and see...
Chess Queen
Ça y est, je suis amoureux ! Et pas de n'importe qui ! Oui, je sais, je viens d'énoncer une évidence : en tant que Baron, il est ÉVIDENT que je ne peux pas tomber amoureux de n'importe qui. Il faut quand même respecter la hiérarchie sociale établie, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. Donc, disais-je, mon cœur bat pour quelqu'un de haut rang. De rang n°1 même, puisqu'il s'agit de la championne du monde d'échecs, Alexandra Kosteniuk. Oui, je l'aime ! C'est plus fort que moi, quand je pense à Alexandra, c'est comme quand je pense à Fernande.
Alexandra est quelqu'un de bien : elle est POUR la paix (!) et est super-copine avec le Père Noël. Et en plus, elle est belle ET intelligente. Oui, elle est belle. Si elle ne l'était pas, pour quelle autre raison y aurait-il autant de photo d'elle sur son site officiel ? Et oui, elle est intelligente. Si elle ne l'était pas, elle ne saurait pas que sa beauté lui permet de proposer des photos dédicacées pour seulement 36 dollars, frais de port inclus. Et pour couronner le tout, elle est super forte aux échecs, elle comme est super gentille, elle partage elle vend (faut pas déconner non plus) son savoir sur les échecs ET sur elle-même. Car qui peut être mieux placé qu'une championne du monde pour parler d'échecs, et qui peut être mieux placé qu'Alexandra pour parler de Kosteniuk ? Elle seule pouvait être apte à écrire son autobiographie à l'âge de 25 ans. Tiens, voilà une autre preuve de son intelligence ! Elle SAIT que beauté et gloire ne durent qu'un temps, elle en profite donc tant qu'elle peut le faire.
Oui, en voyant tout ça, on se dit qu'Alexandra est la femme parfaite. Mais, comme chacun sait, c'est un fantasme, et un oxymore. Ainsi, au risque de choquer, je vais émettre une critique négative sur Alexandra. Cela me tiraille l'âme, mais je me dois de rester objectif jusqu'au bout. J'ai quelques doutes quant aux qualités pédagogiques d'Alexandra. Je m'explique : en regardant ses analyses de partie façon JT, vous arrivez (je m'adresse aux hommes hétéros, aux bi, et aux lesbiennes), vous, à vous concentrer sur la fenêtre de droite ?
Echecs, sport et dopage
Les échecs sont un sport. Si, si, il paraît. Ainsi, pour participer aux Championnats de France Universitaires qui se sont déroulés le week-end dernier, il fallait posséder une licence du sport universitaire ainsi qu'un certificat d'aptitude à pratiquer le sport que sont les échecs délivré par un médecin. N'est-ce pas merveilleux de pouvoir se procurer le précieux sésame avec un bras en écharpe et une jambe en moins, et d'obtenir l'autorisation de jouer pour le prix d'une consultation et 3/4 d'heure d'attente au milieu de bambins fiévreux et de petits vieux venus renouveler leurs ordonnances un samedi matin alors qu'ils ont toute la semaine pour le faire ?
Comme le lanceur de javelot, capable de lancer un cure-dent géant à plus de 90 mètres si personne ne se met sur sa route, comme le sauteur en longueur, capable de bondir à plus de 8 mètres dans un bac à sable sans écraser les pâtés des enfants, le joueur d'échec peut être soumis à un contrôle antidopage. La loi du 23 mars 1999 définit le dopage comme étant : « l’utilisation de substances ou de procédés de nature à modifier artificiellement les capacités d’un sportif » et « les utilisations de produits ou de procédés destinés à masquer l’emploi de produits dopants ». De cet énoncé, il est possible de déduire la problématique suivante : quels sont les produits susceptibles d'augmenter les capacités d'un individu lambda devant un échiquier ? Pour être honnête, je sèche.
Toujours est-il que lors des championnats susdits, deux médecins du Ministère des Sports ont fait irruption, à la recherche de produits illicites dont au sujet desquels on sait pas trop de quoi qu'il est question mais que s'ils sont trouvés on saura de quoi qu'il était question. Bon, je me moque, mais ces gens-là savent bien faire les choses. Ayant bien compris que les échecs sont un sport mixte, ils ont contrôlé autant de participants que de participantes, parité oblige. Dans ce cheptel échéphile ont été contrôlés 6 mâles sur 45, soit 13% des joueurs, et 6 femelles sur 9, soit 67% des joueuses. C'est ça, la parité.
Ah oui, avec tout ça, j'allais oublier de parler de résultats sportifs. Sans surprise, c'est le GM Sébastien Feller qui a décroché le titre. Chez les filles, c'est Stela Untila qui est championne... Bah oui, comme je l'ai dit plus haut, les échecs sont un sport mixte, y a une différence entre un joueur et une joueuse... Reste à trouver laquelle...
Topi et Giri à Linares
Petit tour sur le site de Chessbase. Le super-tournoi de Linares, en Espagne, s'est achevé il y a quelques jours et a vu la victoire du n°2 mondial, Veselin Topalov. Six top-GMs s'y affrontaient en double-ronde : Topalov, Aronian, Gashimov, Grischuk, Gelfand et Vallejo Pons. Comme toujours, on a droit à un compte-rendu quotidien avec photos et parties analysées. Cette année, les commentaires étaient assurés par Anish Giri. Kicéça ? Quelqu'un qui va probablement faire pas mal parler de lui dans les prochaines années.
Giri est un GM (pas difficile à deviner), champion des Pays-Bas en titre (plus difficile à deviner) et vainqueur du dernier Corus B. Mouais... jusque-là, rien de bien extraordinaire, si je puis m'exprimer ainsi. Sauf que ce champion d'origine russo-népalaise (ça s'invente pas) est âgé de... (suspens...) 16 ans ! Bah oui, c'est un ado acnéique qui analyse les parties des vieux routiers Topalov et Gelfand, lesquels figuraient déjà parmi les meilleurs joueurs du monde alors que le gamin en était à l'âge où l'on passe le plus clair de son temps à remplir des couches-culottes.
Si on excepte le fait que les analyses du schtroumpf sont inschtroumpfables pour la mazette de base, la palme revenant aux "analyses" de la ronde 4, c'est une opération publicité rudement bien schtroumpfée de la part de Chessbase. Mais ils s'imaginent quoi ces gens-là ? Qu'on va rester là les bras croisés ? Ils feront moins les malins quand je publierai des parties commentées par mon neveu de 4 ans ! Je vous le dis, schtroumpfera bien qui schtroumpfera le dernier !
Festival de Meurthe-et-Moselle, J -1
Le 15 février, j'annonçais que nous étions à une semaine du début du Festival international d'échecs de Meurthe-et-Moselle. Six jours plus tard, je suis en mesure d'affirmer que nous sommes, n'ayons pas peur des mots, à la veille du début du tournoi.
Pour beaucoup de joueurs, la tension est à son paroxysme et la manière de gérer ces dernières heures pré-compétitions va avoir une influence déterminante sur la première partie et donc sur le déroulement du tournoi. Quelques conseils (merci qui ?) :
- la psychologie. Un tournoi d'échecs n'est pas un film de Walt Disney : les gentils ne gagnent jamais. Pour gagner, il faut être impitoyable, voir ses concurrents comme des ennemis qu'il faut détruire, et, très important, prendre du plaisir à le faire
- la préparation de la partie. Ça en jette toujours de pouvoir blitzer 15-20 coups de prépa, et ça fait toujours rire les autres quand on ne sait plus jouer une fois hors-prépa. Inutile de chercher l'amélioration gagnante au 25ème coup dans une sous-variante de la variante Allgeier du gambit du Roi jusqu'à 3h du mat' avec l'aide de la dernière version de Rybka, l'aide de Fritz 3 jusqu'à 2h devrait suffire
- la condition physique. Pourquoi faire? Les échecs sont le seul sport qui permet de boire quelques bières avant et après chaque partie et de faire la fête chaque soir, alors autant en profiter
NB : Ces petits conseils ne garantissent pas à 100% le gain du tournoi. La condition nécessaire, exigible, essentielle, indispensable, primordiale et obligatoire (ça sert, un dico des synonymes) pour la victoire est de jouer moins mal que les autres. Comme disait Tartakower : "Le vainqueur de la partie est le joueur qui a fait l’avant-dernière erreur."
Carlsen ? C'est une marque de bière, non?
Voici le genre de réponse que peut recevoir un joueur d'échecs qui demande à quelqu'un de normal s'il connaît Magnus Carlsen. Faut dire que les échecs sont un petit monde relativement clos mais qui, de temps en temps, laisse s'échapper quelques particules au dehors.
En chemin pour consulter mes mails, je parcours en diagonale la page d'accueil MSN. La rubrique consacrée à l'actualité occupe moins de place que les photos d'Alizée ( avec lien vers un quiz sur la "chanteuse", pour parfaire son inculture générale ) et d'une starlette blonde décolorée restée trop longtemps sous la lampe à UV (avec lien vers une mini-vidéo de type "Closer" sur les bronzages ratés des "people", pour ne pas rater l'essentiel de la non-information ), cependant le premier titre attire mon attention : "Magnus Carlsen, 19 ans, le "Mozart des échecs" devenu numéro un mondial". Clic sur le lien. Lecture de l'article. Que faut-il en retenir ?
- les passe-temps de la plus tendre enfance de Magnus font davantage penser à Dustin Hoffman dans Rain Man qu'à Mozart
- la photo aussi
- Magnus "accule Kasparov" à 13 ans seulement, si ça c'est pas de la précocité...
- Kasparov est actuellement l'entraîneur de Magnus : pour une fois King Garry n'est pas rancunier d'avoir été acculé
- y a pas de quoi être fier de porter le maillot d'une équipe qui s'est fait battre par Lyon en Ligue des Champions
Festival de Meurthe-et-Moselle
Nous sommes à une semaine du coup d'envoi du 8ème festival international d'échecs de Meurthe-et-Moselle. Toutes les informations sont sur l'excellent site de son créateur, le MI Christophe Philippe, ainsi que sur le site dédié au festival. On peut d'ailleurs trouver sur ce dernier les mini-interviews des participants des tournois A (à norme de GM) et B (à norme de MI). Après les avoir lues, je ne peux m'empêcher de vous faire part de quelques remarques qui me viennent à l'esprit :
- le GM Yannick Pelletier est contradictoire : alors que nombre de Français quittent la France pour se réfugier en Suisse, il a préféré quitter la Suisse pour venir en France
- Christophe Philippe est vraiment un flemmard, il n'a pas traduit la moitié de l'interview du MI Nikolai Ninov
- Le MI Anthony Wirig a vraiment une coupe de cheveux unique... et c'est tant mieux !
- Faudrait vraiment penser à censurer le MI Nicolas Brunner (alias Brunico), ce n'est pas normal que l'on doive mettre plus d'une heure à lire une mini-interview
- Le MI Cyril Marzolo passe trop de temps sur internet, il finit toutes ses phrases par "lol"
- Le MF Alain Genzling essaie d'apitoyer tout le monde en faisant croire qu'il aurait pu ne plus être parmi nous
- Le MF Tom Wiley est échecolique : il joue pour oublier
- Etant petit, François Brethes était maltraité par sa maman
J'arrête là, c'est l'heure de mes cachets.


