Les élucubrations du Baron

02 mai 2011

En attendant le bus

Vendredi dernier, j'attendais le bus. Je venais de sortir de la dernière séance d'un stage d'échecs que j'avais animé toute la semaine à raison de deux heures et une douzaine de gamins par jour. Je jouissais donc pleinement de ma libération et de ce moment de paix retrouvée. C'est alors que, pour une raison que j'ignore encore aujourd'hui, une corpulente matrone post-ménopausée que je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam, eut l'idée de venir s'asseoir sur le même banc que moi, et, moins de deux minutes plus tard, d'engager la conversation.

"Vous attendez le bus 138?". J'acquiesçai. "Moi aussi, j'ai raté le précédent, il est parti juste avant que j'arrive, alors en plus, comme c'est les vacances, y a moins de bus et faut attendre plus longtemps, ils pourraient en mettre plus quand même". J'accordai à l'inopportune intruse un "Bah oui", regardai ma montre - 7 minutes avant l'arrivée du bus - et scrutai de nouveau le bout de la rue, histoire de me faire oublier un peu. Las! La mégère avait décidé de m'entraîner dans un monologue empli de vacuité auquel je ne pouvais échapper.

"Vous avez regardé le mariage du prince William? J'trouve que vous lui ressemblez un peu, on vous l'a jamais dit? Non? Ah, il est beau garçon, en tout cas. Moi j'ai regardé jusqu'au début de l'après-midi, ah là là ça fait du bien de voir ça quand on voit tout ce qui se passe dans le monde. Il est toujours pas là le bus? Z'avez vu l'explosion au Maroc? Moi j'voudrais pas aller dans un pays comme ça, avant j'aurais bien aimé, c'est des pays qui sont bien pour le soleil, mais maintenant c'est trop dangereux." Encore trois minutes avant ce pu...n de bus.

"Holàlà, et z'avez vu l'histoire à Nantes, là? L'ont toujours pas retrouvé, le père, et à mon avis c'est pas sûr qu'ils le retrouvent. Mais qu'est-ce qu'il fabrique, ce bus? Enfin bon, vaut mieux que ça se passe ailleurs qu'ici, c'est triste mais au moins nous on a pas à se plaindre. En plus on a le beau temps, c'est quand même mieux d'avoir le beau temps que quand il pleut."

Elle n'eut pas le temps d'aller plus loin dans ses considérations météorologiques, car le bus salvateur arrivait enfin. Je préviens : la prochaine fois que quelqu'un me matraque les esgourdes de la sorte, il prendra le bus... DANS LA GUEULE!!!

Posté par monsieurlebaron à 12:15 - C'est mon avis, et je le partage - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


04 avril 2011

Cappelle, Cappelle... morne plaine...

Le soleil, les jolies filles en bikini, les fiestas jusqu'à pas d'heure... C'est ce qui manque à Cappelle-la-Grande pour ressembler à Ibiza. A mi-chemin entre Dunkerque et Bergues, Cappelle est véritablement un lieu de villégiature incontournable si on joue aux échecs ou si on aime les briques rouges. Moi, je n'aime pas les briques rouges, je trouve ça trop... trop... trop rouge, quoi. Le seul intérêt de Cappelle, pour moi, réside donc dans le méga-open qui s'y déroule chaque année. Presque 600 joueurs, une soixantaine de nationalités, c'est pas un tournoi de fillettes, ça!

Il y a un quand même un autre truc bien à Cappelle : le climat. Quand tu as passé une semaine dans le Nord, tu es heureux de retrouver le climat lorrain. De Nancy à Cappelle, tu montes dans le Nord ; de Cappelle à Nancy, tu retournes dans le Sud. Je suis pas difficile, mais je ne pourrais pas passer plus d'une semaine avec la mer du Nord comme dernier terrain vague. Je râle sur le climat, mais attention, ne tombons pas dans la caricature. Il ne pleut pas tous les jours. Il y a même des journées ensoleillées. Si, si! Le soleil est même assez facile à trouver, il est là où les nuages sont plus clairs.

Ah oui, avant que j'oublie, en parlant de clichés : ne comptez pas sur moi pour lancer un débat pour savoir si, oui ou non, les Ch'tis sont chômeurs, consanguins et/ou pédophiles (rayez les mentions inutiles). D'abord, parce qu'on sait très bien qu'ils ne sont pas chômeurs : ils ont été rayés des listes, comme tout le monde. Ensuite, parce que je trouve le terme de "consanguins" discriminatoire à l'encontre des personnes qui rencontrent l'amour lors d'un repas de famille. Enfin, parce que je trouve le terme de "pédophiles" discriminatoire à l'encontre des personnes qui rencontrent l'amour lors d'un goûter d'anniversaire. Voilà, parenthèse fermée.

Maintenant que le remplissage est fait, passons au tournoi en lui-même. Je préviens : vous pouvez arrêter de lire ici, car la suite est un peu barbante, inutile, ne vous apprendra pas grand chose et ne vous rendra pas meilleurs, alors venez pas vous plaindre après, sous prétexte que vous avez perdu 10 secondes de votre vie en lisant ce qui suit. J'aurai prévenu. Alors, d'abord j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai perdu (snif...). Puis j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai perdu (snif...). Puis j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai perdu (snif...). Puis j'ai re-perdu (re-snif...). Puis j'ai gagné (youpi!). Puis j'ai fait nulle (bof...). Voilà. J'avais prévenu.

Posté par monsieurlebaron à 18:00 - Le Baron en tournoi - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : ,

15 février 2011

1 an!

Hapi beurzday to mi, hapi beurzday to mi, hapi beuuurzday to miiiiiiii, haaapiii beuuurzdayyy tooo miii! Aujourd'hui, j'ai le droit de chanter atrocement faux avec un accent rosbif abominable, et ailleurs que sous la douche. Oui, j'aime bien chanter sous la douche. L'étroitesse de ma salle de bain et le carrelage qui recouvre l'un de ses murs font résonner le moindre son pour ainsi créer un sublime effet acoustique qui donne à une chanson des Musclés la force émotionnelle de l'Ave Maria de Gounod interprété par Pavarotti.

Happy birthday to me, donc. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire à moi. Ou plutôt l'anniversaire de mon blog à moi. Il a 1 an. 52 semaines. 365 jours. 8760 heures. 525 600 minutes. 31 536 000 secondes. Si vous saviez à quel point toutes ces secondes d'existence me remplissent de fierté paternelle... Un blog, c'est le plus bel enfant qui soit. Un blog, c'est même mieux qu'un enfant. Surtout à 1 an. A cet âge-là, un blog est propre, il ne régurgite pas, ne tape pas dans sa purée, ne passe pas sa journée dans ses déjections en riant bêtement. Il a un vocabulaire évolué qui n'a rien à voir avec les areuh-areuh et autres gzzz-prttt d'un nourrisson. Mais le gros avantage du blog est qu'il prend nettement dans le congélo quand on s'en débarrasse (en plus, mon congélo est pas très grand, donc ça m'arrange).

Bon, je préviens, la célébration de ce premier anniversaire se limite à cet article. J'entends déjà les profiteurs éthyliques : "Ouah! 1 an! Et ben dis-donc, ça se fête, tu paies ton coup!". Et ben c'est niet! La seule personne à qui je paierai un coup, voire plusieurs, c'est l'heureux papa, en l'occurrence moi, d'une part parce que je ne refuse jamais de me payer un verre, et d'autre part parce que je fais qu'est-ce que je veux et pis c'est tout! J'ai pas acheté non plus de gâteau d'anniversaire, pas envie qu'on me le bouffe. Mais comme je suis très généreux, voici non pas un, ni deux, mais trois (!) diagrammes d'anniversaire. Merci qui?

svidler_anandSvidler-Anand, Dos Hermanos 1999

Dans cette position, Peter Svidler a accepté la nulle. N'y a-t-il pas un gain qui traîne quelque part?

 

 

 

 

 shirov_sokolovShirov-Sokolov, Las Vegas 1999

Comment gagne-t-on cette finale avec les Blancs?

 

 

 

 

 

 bareev_topalovBareev-Topalov, Sarajevo 1999

On sait tous que Topalov est très bon tacticien, mais Bareev n'est pas mauvais non plus. Achevez le Bulgare!

 

 

 

PS : certains se demandent peut-être quel est le rapport entre l'anniversaire du blog et ces positions issues de parties toutes jouées en 1999. Si quelqu'un trouve un rapport quelconque, ce serait bien qu'il me l'explique, parce que j'en sais foutrement rien...

Posté par monsieurlebaron à 18:15 - Faites de l'exercice ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :

06 février 2011

Tata : Naka!

According to Wikipédia, Tata-Naka est une marque de vêtements appartenant aux sœurs jumelles britanniques d'origine géorgienne Tamara et Natasha Surguladze. According to moi, ça veut juste dire que Nakamura a gagné Tata. Pas ma tata, entendons-nous bien. Le TOURNOI Tata. Rien à voir non plus avec La cage aux folles. Le tournoi TATA-STEEL, pour être exact. Feu Corus, si on est nostalgique. Wijk aan Zee, si on est géographique ; "Ouaï-kan-zé" (en traînant sur le deuxième "a" et sur le "é"), si on est phonétique ; "Vichkanzi", si on est reporter à Europe-Echecs.

Précision importante : la phrase d'accroche avec les soeurs machin-chose-dze, elle est là juste pour faire joli. En étant un tantinet observateur, on s'aperçoit que la mode et les joueurs d'échecs, ça fait trois (exception faite du porte-manteau norvégien). Franchement, z'avez déjà vu les plus belles chemises flashy d'Aronian? Z'avez vu les étiquettes sous les chaussures de Navara? Z'avez vu le rasoir de Grischuk? Lui non plus. Z'avez vu le coiffeur de Nyzknyk? Faudrait lui intenter un procès, à cet homme-là...

Je disais donc, avant de m'égarer dans une mesquinerie capillairo-vestimentaro-esthétique qui me ferait presque douter de ma masculinité, c'est Naka qu'a gagné. 9/13, en solitaire, piquant la victoire à la bande des CAKA (Carlsen, Anand, Kramnik, Aronian). Le tableau résultatique est assez intéressant. Naka a fait carton plein contre les "clients" de bas de tableau, mais n'a pas été très convaincant contre la bande des CAKA : fessée par Carlsen, nulles sans avoir jamais pu jouer pour le gain contre les 3 autres. Il faudra sûrement s'attendre à revoir le Ricain jouer les trouble-fête en tournois, mais il semble encore un peu juste pour pouvoir prétendre à un rôle de challenger pour le titre mondial.


Bonus:

  • Retour de flamme. Une fois de plus, une partie de Shirov est qualifiable de "Fire on Board". Sauf que là, c'est lui qui se fait incendier. La faute à une prépa pyromaniaque de Kramnik. Enjoy!

[Event "Tata Steel Chess 2011"]
[Site "Wijk aan Zee"]
[Date "2011.01.21"]
[Round "Round 6"]
[White "Shirov"]
[Black "Kramnik"]
[Result "0-1"]

1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. d4 exd4 4. Nxd4 Nf6 5. Nxc6 bxc6 6. e5 Qe7 7. Qe2 Nd5 8. c4 Nb6 9. Nc3 Bb7 10. Bd2 g6 11. Ne4 O-O-O 12. a4 Ba6 13. Qe3 Qxe5 14. Bc3 Bb4 15. Bxb4 Rhe8 16. f3 d5 17. a5 Nxc4 18. Qxa7 Qxb2 19. Qxa6+ Kd7 20. Rd1 Qxb4+ 21. Kf2 Rxe4 22.fxe4 Qc5+ 23. Ke1 Qb4+ 24. Kf2 Qc5+ 25. Ke1 Nb2 26. exd5 Qc3+ 27. Rd2 Qc1+ 28. Ke2 Re8+ 29. Kf3 Qxd2 30. Qxc6+ Kd8 31. Qf6+ Re7 32. Kg4 Nd1 33. Qh8+ Kd7 34. Bb5+ c6 35. Bxc6+ Kc7 36. d6+ Qxd6 37. Rxd1 Qxd1+ 38. Bf3 h5+ 39. Kg3 Qe1+ 40. Kh3 Qe6+ 41. Kh4 g5+ 42. Kxg5 Qg6+ 43. Kf4 f6 0-1







Posté par monsieurlebaron à 13:15 - Presque en direct live de... - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

11 janvier 2011

Souviens-toi décembre dernier...

Ça y est, nous sommes en 2011. 2011, l'année des bonzes. D'accord, ça ne veut rien dire (sauf en cas de libération surprise et impromptue du Tibet), mais ce n'est pas évident de trouver quelque chose qui rime avec "onze"... En plus de la ribambelle de bonnes résolutions et de formules toutes faites qu'on se dit les uns aux autres pour exorciser la crainte que l'année à venir soit tout aussi pourrie que celle achevée, chaque nouvelle année nous inflige également son lot de rétrospectives n-1 (n étant le chiffre de la nouvelle année). Comme je suis sympa (si !), je vous épargnerai une rétrospective 2010 et me contenterai de rétrospectiver le mois de décembre.

  • 31 décembre : dernier jour de 2010
  • 25 décembre : anniversaire du poupon de l'étable
  • 24 décembre : grande opération "Prenons les enfants pour des cons". Ben oui. Et ce n'est pas près de s'arrêter. Tant qu'on n'expliquera pas aux gosses pourquoi le Père Noël a les mêmes chaussures que tonton Robert, que les rennes qui tirent un traineau en volant n'existent que dans les trips au LSD, et que les lutins qui fabriquent les jouets ne sont pas des lutins mais des petits Chinois...
  • 19-23 décembre : open de Vandoeuvre. Comme chaque année, il perturbe le climat et provoque de fortes chutes de neige, pour le plus grand bonheur de... de... de... pour le plus grand bonheur. D'un point de vue personnel me concernant moi-même, ce fut un grand gâchis. Une position supérieure par ci, une position gagnante par là, et un point d'honneur mis à ne jamais concrétiser (je mettrai peut-être quelques diagrammes prochainement, histoire de commencer l'année dans la joie, la bonne humeur, et le foutage de ma gueule), mais une bonne opération comptable quand même avec une quinzaine de points z'élos dans la besace. Pour l'anecdote, le tournoi a été remporté par Tigrou Gharamian
  • 8-15 décembre : super-tournoi de Londres. L'occasion de voir des forts GM s'aventurer dans le gambit Roi, la Chigorine et autres débuts désuets à ce niveau. Carlsen se dépatouille le mieux avec ces bizarreries et s'impose en solitaire
  • 2-25 décembre : championnat du Monde. Féminin. Lol. Alexandra "ChessQueen" Kosteniuk se fait sortir au troisième tour. La reine est morte, vive la reine ! Mais là, non. Les Chinoises assomment la compétition et la prodige Hou Yifan, 16 ans, est la nouvelle Championne du Monde
  • 6 décembre : fête des enfants (Saint-Nicolas)
  • 4-5 décembre : fête des légumes (Téléthon)
  • 1er décembre : fête de ma sœur et 336ème jour de captivité pour Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier

BONNE ANNÉE !!!

Posté par monsieurlebaron à 22:15 - Histoire de meubler... - Commentaires [2] - Rétroliens [0]




07 décembre 2010

Very good trip (à la mode de Caen) : partie 2

Enfin! Après une interminable attente d'un jour (lunaire) qui aura permis de faire monter le suspense à un niveau paroxystique et faire descendre la fréquentation de ce blog à une profondeur abyssale, voici, enfin, la suite de Caen.

Dimanche matin, l'empereur, sa femme et le p'tit prince sont venus chez moi pour me serrer la pince, et les esprits un tant soit peu perspicaces se douteront que cette chanson enfantine n'a strictement rien à voir avec ce qui s'est réellement passé dimanche matin, mais ça fait des lignes et ça détend l'atmosphère après une interminable attente d'un jour (lunaire) qui aura su faire monter le suspense à un niveau paroxystique et faire descendre la fréquentation de ce blog à une profondeur abyssale.

Dimanche matin, pour en revenir aux faits, je me suis fait agressé. A 8h00. Par mon réveil. Étant en état de légitime défense, je me suis légitimement défendu. Il regrette encore d'avoir sonné. Le temps de se lever, il est 8h15. Le temps de se réveiller sous la douche, il est 8h50. Le temps de se caféiner, c'est l'heure de commencer à jouer. Contrairement à ce que j'ai pu laisser entendre précédemment, j'étais en forme. Tellement en forme que, juste après avoir gagné une pièce contre 2 pions, je rétablissais de mon plein gré l'équilibre matériel pour pouvoir faire durer la partie deux heures de plus. Que voulez-vous, l'amour du jeu est trop fort...

Entre quatre et huit bières plus tard (sachant qu'une bière vaut entre 15 et 30 minutes), on peut enfin jouer la pénultième partie. En face de moi s'assoit une jolie jeune fille, de celles, sorties de l'enfance mais pas encore femmes, dont on se dit : "Ah, là, là! Seigneur! Donne-moi la force de ne pas succomber à la tentation et délivre-moi du Mal qui m'habite car j'aimerais bien garder mon casier judiciaire vierge". C'est là qu'on voit que l'âge est somme toute quelque chose de très relatif : trop jeune pour moi, trop vieille pour un prêtre, le bon âge pour Larry Clark. La partie ne durera pas plus de trois bières (moins d'1h30, donc), puisqu'après m'avoir blitzé quinze coups théoriques dans les dents (je me retrouve dans une position aisément qualifiable de "bof, pas terrible"), elle choisit opportunément de me donner une pièce, alors que je ne ressemble en rien à un violoniste roumain dans le métro.

Lundi. En me levant, je jette un dernier regard ému sur la vue imprenable que m'offraient les fenêtres de ma chambre, et qui, à chaque fois, me faisait monter les larmes aux yeux.

Photo0006

Passée cette séquence émotion, dernier petit-déjeuner au cours duquel je partageais les croissants et le café avec mes disciples, avant d'entamer mon chemin de croix. Un massage long et douloureux par le joli maître fide... euh, non, pardon, par le maître fide Jolly. Remarquez, quand je dis "chemin de croix", l'expression n'est peut-être pas adaptée. Je m'explique : lors de l'ascension du Golgotha, il y avait des âmes suffisamment charitables pour donner à boire à un maigrichon en slip. Alors que moi, tout bien habillé, je devais me rendre moi-même jusqu'à la buvette. Alors, qui c'est le vrai martyr? Mais bon, je n'en ai pas tenu rigueur et j'ai déjà pardonné car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient.

Au final, malgré un résultat moyen (4 points sur 7), j'ai passé un excellent séjour, et je recommande vivement ce tournoi pour sa très bonne ambiance, et si Dieu et mon banquier le permettent, je ferai mon possible pour y retourner à l'occasion des Championnats de France en août prochain. Sûr ce, je vous donne rendez-vous au 19 décembre pour un suivi complet de l'Open de Vandoeuvre.

Posté par monsieurlebaron à 16:40 - Le Baron en tournoi - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,

09 novembre 2010

Quand les problèmes reviennent...

Cela faisait un petit moment que je n'avais plus mis de diagrammes. Lacune comblée, puisque voici, en attendant la suite du compte-rendu de mon séjour à Caen (demain), deux petits problèmes rigolos qu'on m'a soumis là-bas.

probl_me_Caen_2  Trait aux noirs









probl_me_Caen_1  Trait aux noirs

Posté par monsieurlebaron à 14:40 - Faites de l'exercice ! - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags :

05 novembre 2010

Very good trip (à la mode de Caen) : partie 1

En août 2011, les Championnats de France auront lieu à Caen. Ne connaissant pas cette contrée lointaine, je me suis dit : "Tiens, et si j'allais en repérage pendant le week-end de la Toussaint ?". Voilà. C'est pas une mauvaise idée, je trouve. Comme ça, la prochaine fois que j'irai là-bas, je saurai où je mets les pieds. Et l'avantage de savoir où on met les pieds, c'est qu'on évite de marcher dedans.

Le voyage aller se passe bien. Départ de Nancy le vendredi à 6h10, arrivée sur les lieux vers 12h30. La salle de jeu est plutôt agréable, très aérée. Au fond à gauche, la table d'arbitrage. Il va falloir établir le contact avec les autochtones. Mais comment ? J'ai d'abord hésité entre "je viens en ami" et "ça me fait plaisir de débarquer en Normandie", avant de finalement opter pour les formules d'usage. Premier contact réussi, j'ai même réussi à refourguer ma pub pour l'open de Vandoeuvre. Je vais déposer mes affaires dans ma chambre. Au je-sais-pas-combientième étage. Sans ascenseur. Mieux vaut ne rien oublier avant de redescendre. C'est bon, je suis en nage et installé, place aux choses sérieuses.

Il reste juste un ultime petit détail à régler : repérer la buvette. Elle est tenue par des Caennaises qui servent des canettes à des Caennais. Ça a l'air un peu compliqué, mais j'ai trouvé un moyen mnémotechnique pour éviter de faire la confusion caennais/caennaise/canette (ça peut être mal vu de boire une Caennaise en parlant à une canette). Il faut les situer par rapport à la table-comptoir : la Caennaise est DERRIÈRE, la canette est DESSUS, le Caennais est en général DEVANT (même s'il arrive qu'il soit occasionnellement DERRIÈRE, et assez fréquemment DESSOUS). Un p'tit café, et c'est parti mon kiki.

Je vendange la première partie en donnant une tour dans une position supérieure (d'ailleurs, je m'en mord encore les coudes, pour rester poli), j'ai droit dès le lendemain matin à une ronde de repos. En effet, mon adversaire ne se présente pas à la partie. Bon... ok... faut faire passer le temps jusqu'à midi. Le prétexte idéal pour contribuer au bon fonctionnement de la buvette.

Troisième ronde : j'ai souffert. Rapidement un pion de moins, des pièces passives, mais miracle, mon adversaire me laisse une chance et on se retrouve dans une finale de cavalier où j'ai toujours un pion de moins mais des pièces actives, mais contre-miracle, j'offre mon cavalier. Retour à la case buvette, puis arrive le samedi soir. Comme je sais que mes parents lisent occasionnellement ce blog (salut papa ! salut maman !), je n'entrerai pas dans les détails de ce qui s'est passé ce soir-là. Je dirai juste que les Caennais savent faire la fête et que je me suis bien amusé.

(à suivre...)

Posté par monsieurlebaron à 11:50 - Le Baron en tournoi - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,

21 octobre 2010

Roque-stars

En allant faire un tour sur le site fédéral, je suis tombé sur le dernier numéro d'Échec et mat. A défaut de moderniser le site dont le design n'a pas évolué depuis pas mal d'années (c'est toujours un bonheur de se taper les menus déroulants pour aller voir les résultats des matchs interclubs), la fédé a créé une version interactive de sa revue.

Après quelques clics (c'est comme ça qu'on tourne les pages maintenant), mon œil affuté est attiré par un article en page 16 : Les échecs très tendance sur Télérama.fr. Enfin, pas vraiment un article, plutôt un entrefilet. Non, pas un entrefilet, plutôt un... un... un... Je sais pas trop ce que c'est, en fait. Ce je-sais-pas-quoi fait référence à un article (là, je suis sûr) de Télérama sur le dépoussiérage des échecs. Avec, comme exemples, Magnus Carlsen, porte-manteau pour une marque de fringues, et Tkachiev, médiatisé pour son penchant pour la bouteille. J'avoue avoir mis un moment à comprendre qu'il fallait cliquer sur la photo de Tkachiev pour accéder à cet article.

L'auteur de l'article est visiblement doté d'un très grand sens de l'humour. On a droit à un premier jeu de mots dans le titre : Les échecs se rêvent glam roque (bien essayé, mais ça reste très loin du niveau de mon titre). Dans le chapeau, deuxième blague : Carlsen est qualifié de "beau gosse". J'avoue que les garçons, c'est pas vraiment mon truc (il n'est jamais trop tard pour révéler son hétérosexualité), mais le terme employé me paraît excessif, voire inapproprié.

Et la blague continue dans le corps du texte : "Magnus, qui ressemble comme deux gouttes d'eau de Cologne à Matt Damon". Mouais, c'est pas franchement évident, mais admettons. Mais le bouchon est poussé un peu loin quand, plus bas, Vladislav Tkachiev a "la gueule de Léonardo Di Caprio". J'ai eu beau comparer des photos du joueur et de l'acteur, non, je vois pas. Et c'est là que j'ai compris pourquoi l'auteur parlait d'eau de Cologne : visiblement, il en boit pendant qu'il écrit (ou inversement).

En parlant de boire, on a bien sûr droit au récit des exploits éthyliques de Vlad en Inde, ce qui permet à l'auteur de faire un autre jeu de mot tordant ("Echec et malt") et de nous asséner cette sentence hallucinante : "Enfin un peu de glam-rock au pays des lunettes en cul de bouteille ! ". C'est vrai, une épave qui s'endort sur un échiquier, c'est aussi glam-rock que Amy Winehouse en cure de désintox ou Gainsbourg à la fin de sa vie. Quel dommage ! mais quel dommage que l'on se soit rendu compte si tard que ,pour rendre les échecs grand public, il suffit d'exhiber deux champions, le premier sur un podium de mode, le second sur l'autel de l'autodestruction.

Posté par monsieurlebaron à 22:20 - C'est mon avis, et je le partage - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,

11 octobre 2010

Olympiades de Khanty-Mansiysk

Les 39e Olympiades d'échecs se sont achevées le week-end dernier (pas hier, hein, mais y a huit jours, si ça avait été hier, j'aurais pas dit "le week-end dernier", j'aurais dit "ce week-end", même si je sais que "ce week-end" peut aussi désigner le week-end prochain, mais là on se doute bien que je parle pas du week-end prochain vu que j'ai mis le verbe au passé qui indique bien que c'est un week-end antérieur au moment du récit, donc on peut pas faire la confusion, mais bon, on sait jamais, moi je préfère expliquer les choses clairement au cas où, parce que parfois on se dit qu'on a compris alors qu'en fait pas forcément, et du coup on comprend, mais de travers, donc c'est presque pire que quand on comprend pas, donc il vaut mieux prendre son temps et être clair plutôt que foncer et rien piger, enfin, après, c'est juste mon opinion, chacun fait comme il veut).

Comme leur nom l'indique, les Olympiades ont lieu tous les 2 ans (du grec olym = tous les, et piade = 2 ans). Il ne faut pas confondre "olympiades" et "olympique" (aussi du grec olym = tous les, et pique = 4 ans). Elles avaient lieu en Russie, à Khanty-Mansiysk. Comme chacun sait, Khanty-Mansiysk se situe en Sibérie occidentale, terre ingrate et désolée où, hormis les puits de pétroles, rien ne pousse, provoquant de nombreuses famines au cours des siècles, d'où le nom de la ville (du russe khanty = c'est quand, et mansiysk = qu'on aura à manger).

Dans le tournoi "chromosomes XX", c'est la Russie des sœurs Kosintseva et d'Alexandra Kosteniuk qui s'impose en réalisant un joli perfect, devant la Chine et la Géorgie. Au passage, c'est la première fois que la Russie remporte les Olympiades féminines. Pas de commentaires sur les résultats des Françaises, parce que si j'en fais, on va encore dire que je suis macho et méchant, et que ça ne se fait pas de se moquer des handicapés. Dans le tournoi mixte (je dis "mixte" parce qu'il semblerait que quelques jupons se soient aventurés dans cet environnement testostéroné), l'Ukraine emmenée par Ivanchuk prend l'or, la Russie doit se contenter de l'argent, et Israël rafle le bronze. Pas de commentaires non plus sur les résultats des Français, parce que j'ai la flemme.

Posté par monsieurlebaron à 15:00 - Presque en direct live de... - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :